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The Dig est l'exemple parfait d'un jeu de l'époque où le point&click pouvait être un genre vedette et ouvrait réellement de nouveaux horizons aux joueurs. The Dig, sorti en 1995, a bénéficié d'une production soignée et pour le moins prolongée. Son casting est ahurissant : The Dig se base sur un scénario d'abord écrit par le célèbre cinéaste Steven Spielberg (E.T, Intelligence Artificielle...) et les dialogues ont été rédigés par le très talentueux écrivain Orson Scott Card (si vous ne le connaissez pas, il est grand temps de se jeter sur le cycle d'Ender). Tout a été fait pour faire de The Dig un grand point&click, un jeu qui vous permettrait d'incarner un héros dans un monde totalement inaccessible jusqu'alors.
L'histoire commence dans une futur proche où un gigantesque astéroïde baptisé Attila trace son chemin vers la Terre, menaçant de pulvériser la planète. Le monde s'affole. Une équipe de cinq experts est alors formée pour aller à la rencontre de l'astéroïde et dévier sa trajectoire en faisant exploser des charges nucléaires sur les flans de l'astre. A la tête de l'équipe, un soldat américain, Boston Low, le personnage principal dont le joueur prendra la contrôle.
Une première étape de The Dig, très courte, consiste à en effet à placer les charges nucléaires et à les faire détoner. Ceci étant en fait, l'équipe s'aperçoit rapidement que l'astéroïde est creux... et avant de dire ouf, ils découvrent qu'il s'agit en réalité d'un vaisseau spatial déguisé... qui les emmène sans leur demander leur avis sur une autre planète, dans une autre galaxie, avec rien d'autre que leur tenue d'astronaute.
La seconde étape est donc l'exploration de cette nouvelle planète et la compréhension de la culture extra-terrestre qui y a manifestement existé afin de trouver un moyen de rentrer sur Terre. L'histoire porte aussi grandement sur la relation des trois membres de l'équipe qui ont été transportés par le vaisseau : le commandant Low, la journaliste Maggy Robbins, et l'expert en géologie Brink. Ceux-ci ont des personnalités totalement différentes et l'ambiance du jeu est portée par les tensions entre les personnages, soumis - comme on l'imagine - à une certaine panique.

Ce qui est incroyable dans The Dig, c'est sa similarité avec le cinéma américain de la même époque, et même ultérieur. En jouant à The Dig, vous revoyez des dizaines de célèbres films ou série de science-fiction américaine, même en mettant de côté Star Wars, auquel tout jeu LucasArt fait au moins un clin d'oeil quelque part. Par exemple, le monde extra-terrestre où atterrisse les trois aventuriers ne peut que rappeler l'univers de StarGate, la porte des étoiles, sorti en 1994 : ce monde très naturel, très sablonneux, mélangé à une technologie ultra avancée. Sans parler du symbole de la pyramide, utilisé aussi dans The Dig. D'autres films sortis après The Dig traitent du même thème : Armageddon et Deep Impact, par exemple, sont deux films de 1998 qui mettent en scène une planète Terre menacée par la trajectoire d'un astéroïde. Il y a aussi un petit côté StarTrek dans la façon de communiquer des personnages, et l'importance donnée à l'idée d'équipage. Bref, on peut rattacher The Dig à beaucoup d'oeuvres cinématographiques sorties avant et après lui, si bien que ses thèmes paraissent aujourd'hui un peu cliché.
De même, dans n'importe quel survival horror (américain) de l'espace, comme Alien, vous trouverez une équipe assez semblable à celle de The Dig : le héros militaire incompris, la femme qui cherche à faire ses preuves, et le maillon faible de l'équipe avec son fort accent étranger et son aveuglement face à ses recherches scientifiques. Et les comportements irrationnels liés à la crainte pour sa survie.
On ne peut probablement plus aborder The Dig comme on l'aurait abordé en 1995, tant les films de science-fiction ont été nombreux après lui et ont créé des standards qui n'existaient peut-être pas encore à l'époque, mais cela ne rend pas The Dig pour le moins inintéressant, au contraire. Le scénario est bourré de ce qui sont devenus des clichés et d'évènements téléphonés, mais c'est justement ce qui lui fait son charme.

The Dig a bénéficié d'une production longue et son excellente réalisation a certainement contribué à cette durée de développement. Les graphismes sont splendides, avec de très beaux paysages sur la planète extra-terrestre. On relève trois types de graphismes : les graphismes 2D classiques de types "peints à la main" pour les décors, de courtes cinématiques en 3D, et quelques cinématiques en 2D proches du dessin animé, plus fines que les décors du jeu.
Les voix aussi ont reçu toute l'attention nécessaire. Les dialogues sont entièrement doublés et chaque acteur est convaincant dans son rôle. Chaque étape du jeu est soutenu par une musique d'ambiance parfaitement adaptée, qui me rappelle souvent - allez savoir pourquoi - l'ambiance du film The Abyss.
De ce point de vue-là, The Dig est impressionnant. D'excellents graphismes et une excellente bande-sonore complète n'étaient pas forcément la règle en 1995.

La différence entre le film de science-fiction et The Dig, c'est que dans The Dig, c'est vous qui contrôlez le héros. Certes, le scénario de The Dig est plutôt linéaire, mais quand bien même. Vous visitez les lieux activement, vous cherchez à comprendre les machines extra-terrestres, vous n'êtes plus passif à regarder des aliens gigoter dans l'écran de votre télé, vous êtes dans l'histoire. C'est une sensation que The Dig donne encore plus de quinze ans après sa sortie. Il y a quelque chose de magique et d'enthousiasmant à l'idée de contrôler son histoire dans un type de scénario qu'on a vu plusieurs fois au cinéma. On est dans l'histoire. C'est sans doute aussi le signe que les point&click de pure science-fiction ne sont pas légion.
En terme de gameplay, The Dig est un authentique point&click basé sur un inventaire et quelques puzzles, dans la lignée des LucasArt. On ne peut pas mourir, mais il y a deux fins possibles, même si - à moins d'être une psychopathe de la prévoyance comme moi - vous finirez sans doute naturellement dans le "bon" dénouement. Les deux fins sont de toute manière très similaires.
Le point fort de The Dig, c'est l'exploration progressive de toute la base extra-terrestre. Boston Low débloque des portes d'accès petit à petit qui lui permette d'accéder à de nouvelles zones. Les graphismes étant de toute beauté, l'exploration est un vrai plaisir.
Le point faible du jeu, c'est peut-être parfois la mécanique des puzzles un peu tirée par les cheveux (comme par exemple un puzzle à configurer sur une console avant de presser un bouton d'activation sur une autre console), et un essoufflement de l'histoire après un certain temps. Le monde extra-terrestre aurait pu être plus développé et les interactions entre les personnages plus nombreuses dans le déroulement de l'histoire. Les dialogues sont bien écrits, mais ils sont un peu nombreux et longs, et s'ils viennent soutenir le scénario et le background du jeu, ils n'apportent pas toujours d'indices sur l'intrigue.

A l'époque où les point&click semblent être négligés par l'industrie du jeu vidéo - même si d'excellents studios et développeurs indépendants soutiennent encore le genre - il est raffraichissant de jouer à The Dig, qui reste une vedette dans le palmarès de LucasArt. Avec un casting incroyable et beaucoup d'efforts quand aux graphismes et aux sons, The Dig est un monument de son époque. Evidemment, l'histoire n'est plus aussi fraîche qu'en 1995, puisque les mêmes thèmes ont été vus et revus mille fois dans des films postérieurs, en particulier grâce à l'essor des effets spéciaux et images de synthèse, mais elle reste tout de même captivante et surtout, l'exploration de la planète extra-terrestre est un plaisir à ne pas manquer, car il n'est pas si fréquent dans les jeux vidéo !
> Toutes les images de The Dig ici <
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