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Coraline, et en 3D s'il vous plait !

23 juin 2009      Commentaires (0)    

Coraline le film

Le week-end dernier, j'ai remis le museau dehors, et j'ai même fait l'expédition jusqu'au MK2 Bibliothèque à Paris pour aller voir Coraline, que ce cinéma présentait en version 3D numérique.

Tout d'abord, le film. Tout droit dans la lignée d' Igor; poussé plus loin, même, je dirais. C'est la preuve par A+B que le cinéma d'animation pour un public plus âgé se développe et c'est tant mieux (j'en profite pour préciser que ce film est déconseillé au moins de dix ans). L'histoire est tirée du récit de Neil Gaiman, également intitulé Coraline.

Coraline fait frissonner. Fait peur, même. Il y a bien des passages où l'on se crispe de partout, parce que c'est un peu deg', un peu trop glauque, un peu trop effrayant. Les premières secondes du film mettent tout de suite dans l'ambiance avec une sorte de main en squelette métallique (une sorte d'Edward aux mains d'argents mais qui fait peur pour de vrai) qui coud une sorte de poupée, mais pas le genre de poupée que vous offririez à vos têtes blondes.

Coraline est la fille unique d'un couple trop occupé pour être parent. La famille vient d'emménager dans une immense maison divisée en appartements où les différents locataires sont tous plus déglingos les uns que les autres. Coraline s'ennuie à mourir, et on compatit sans difficulté devant cette petite fille qui sollicite un peu d'attention auprès de ses parents et qui se voit répondre toutes les variations possibles autour de "Va jouer ailleurs".

Heureusement, un génie a un jour inventé le genre fantastique et Coraline en fait les frais. Dans cette maison, il y a une petite trappe dans le mur qui n'ouvre sur... rien, un peu à la manière de la petite porte dans Alice au pays des Merveilles. Evidemment (ou pas, d'ailleurs), lorsque la nuit tombe et que tout le monde dort, le passage de la trappe se libère, et devinez quoi ? Coraline s'y engouffre sans se poser de question.

On s'attendrait à tomber dans un n-ième monde merveilleux plein de petits lutins sympathiques et tout. Non. En réalité, de l'autre côté, il y a la même maison. Le même appartement, avec ses parents et les mêmes autres locataires. A un détail près : tout est parfait. Sa maman cuisine des repas dignes du Ritz et son geek de père est devenu un inventeur fou (mais c'est quand même plus amusant que l'intello apathique avec les yeux cernés de bleu). Tout le monde lui consacre du temps; d'ailleurs, elle est le centre de ce monde-là.

Alors il est où le problème ? me direz-vous.

Le souci, c'est quand cette nouvelle maman vous propose de rester dans ce monde-ci pour toujours (encore ça, pourquoi pas) à l'unique condition de vous coudre des boutons à la place des yeux (moins cool). C'est quand le monde se noie dans le rien lorsque Coraline cherche à s'éloigner de la maison. Et c'est quand les figurants de ce monde parfait semblent vouloir l'avertir d'un grand danger, tout en restant enfermé dans leur coquille de bien-paraître.

Je n'en dis pas plus, le film regorge de (bonnes) surprises. Ce qui est intéressant dans Coraline (enfin.. il y a plein de choses intéressantes), c'est le traitement du thème de la prison dorée. Même si Coraline reçoit des avertissements et qu'elle flaire le traquenard assez rapidement, la lutte intérieure de Coraline tourne autour de l'idée "Vaut-il mieux être malheureux et libre (sa vie normale) ou comblée mais prisonnière (la vie de l'autre monde) ?". Et le thème de la "poudre-aux-yeux". Est-ce que je suis vraiment heureuse si je sais que tout ça n'est pas le vrai monde ? La première réaction de Coraline est d'aimer ce monde où elle est choyée et centre de l'attention, puis de le rejeter parce que c'est un monde étriqué et surtout fabriqué de toute pièce. La morale : mieux vaut quelque chose de naze, mais vrai, que de super bien, mais fake !

Et quid de la projection 3D ? Une excellente surprise. Moi qui suis abonnée aux migraines, je m'attendais à ressortir avec le crâne fendu en deux. Très honnêtement, ça n'a pas été plus éprouvant qu'une projection ordinaire (à mes yeux, et sans jeu de mots). Cela m'a semblé beaucoup moins fatigant qu'une projection 3D à la Géode, ou même dans les attractions du Futuroscope. En réalité, on s'habitue en quelques minutes, puis ça devient très naturel. En relief, les décors sont somptueux. C'est beaucoup plus vivants, beaucoup plus beaux et évidemment beaucoup plus immersifs. Ca m'a vraiment convaincu. Au point que pour le prochain film (le film d'animation Là-haut), je pense vérifier d'abord s'il est projeté en 3D et si oui, je fonce !

Voici la bande annonce en français de Coraline. A priori le film est en version 3D numérique dans tous les MK2 (sur Paris). Attention, il est en VO ou VF selon les cinémas.



Site officiel : http://www.coraline.com/

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