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District 9

12 septembre 2009      Commentaires (1)    

J'ai eu l'opportunité de voir District 9 en avant-première à l'UGC de La Défense hier soir. Une pure merveille.

Il ne faut pas s'y tromper : District 9 n'est pas un n-ième film de Science-Fiction avec plein d'extra-terrestres et d'explosions. On peut considérer que la mise en scène des aliens n'est là que pour parler plus facilement et plus clairement d'un thème douloureux : la ségrégation raciale.

J'ai trouvé ce film absolument superbe parce qu'il amène le thème des extra-terrestres simplement pour mieux parler des humains et de leur comportement. Le sujet du film est clairement le comportement humain : la compassion première pour ces arrivants en difficulté, puis le mépris de la différence, l'incompréhension qu'on ne cherche pas à lever, le rejet, la création des camps et les justifications véreuses qu'on leur donne, les mauvais traitements, l'exploitation de la faiblesse de ces gens en difficulté pour essayer de leur soutirer leurs biens et leurs savoirs. C'est finalement l'histoire humaine.

De quoi parle Ditrict 9 ?

District 9 se passe dans les alentours de Johannesbourg, en Afrique du Sud, dans un monde contemporain. Il y a vingt ans, un immense vaisseau spatial s'est arrêté au dessus de la ville. Face à l'immobilité de l'appareil, l'armée est intervenue et a réussi à y pénétrer. Ils y ont découvert près d'un million de passagers : des extra-terrestres à l'aspect très différent des humains, épuisés, malades, et morts de faim. Face à la pression internationale, les autorités ont choisi de rapatrier - si l'on peut dire - tous ces clandestins dans un camp de réfugiés, au sol, juste sous le vaisseau. Très rapidement, la situation tourne en défaveur des nouveaux-venus : la science se jette sur les technologies extra-terrestres pour les étudier. Les extra-terrestres sont parqués dans leurs camps et ne peuvent en sortir. Une partie de la population abuse d'eux et organise des marchés noirs pour en tirer profit, l'autre partie exige qu'on les chasse.

C'est dans ce contexte, 20 ans après l'arrivée des extra-terrestres, que le film commence. Le gouvernement vient de décider le transfert des réfugiés vers un autre camp, éloigné de 200km du camp actuel et du vaisseau toujours en stationnement dans les airs. Pour prendre la tête des opérations, on nomme un certain Vikus, dit moyennement intelligent, mais parfaitement formaté : il connaît très bien les habitudes des extra-terrestres, tout en restant convaincu de la supériorité humaine et soucieux de l'application des lois auxquelles sont soumis les aliens. Le transfert du camp commence donc, avec le support de l'armée. Mais évidemment, les choses ne se passent pas comme prévu, et la réalité sur l'exploitation secrète des aliens commence à surgir.

Voici la bande-annonce française :



Un film bluffant techniquement

Evidemment la technique ne fait pas la qualité du film, mais dans District 9, il est difficile de ne pas faire une remarque là-dessus.

Premièrement, le film se présente sous forme de documentaire. Le cadrage, l'ambiance, la qualité de l'image changent donc en fonction de la source des images : caméras de surveillance, caméras à l'épaule sur le terrain, documentaires, plans classiques... La diversité des méthodes est remarquable et donne un réel dynamisme au film.

Deuxièmement, la qualité des effets spéciaux... que dire. A aucun moment on a l'impression de voir des effets spéciaux. Les extra-terrestres sont d'un réalisme époustouflant. Ils ont l'air vrais, tellement vrais qu'on en oublie parfaitement qu'il s'agit d'extra-terrestres et les clichés qui vont avec. En fait, je n'ai pas eu l'impression de voir un film de science-fiction. Je n'ai pas eu l'impression que des centaines de petits ordinateurs innocents ont dû mourir pour la production de ce film. C'est ce qui est incroyable. L'image est aussi naturelle qu'un documentaire sur la Bretagne.

Le lien entre District 9 et l'apartheid

Il n'y pas besoin d'avoir fait bac+10 pour comprendre que le choix de l'Afrique du Sud n'est pas anodin : terre tristement célèbre par la ségrégation mise en place par les gouvernements blancs et la lutte qui s'en est suivie, dont Mandela est la figure de proue. Au milieu du 20eme siècle, les autorités poussent le vice jusqu'à créer des quartiers-zones distincts : zone "blanche" et zone pour les Africains, et même des zones pour les minorités comme les Indiens. Pour ça, il faut déplacer des milliers de famille vers la zone qu'on leur a attribuée : à Sophiatown, en 1955, dans la banlieue de Johannesbourg, on expulse d'autorité 65 000 habitants noirs et on rebaptise la ville. Au Cap, on tente la même chose dans un quartier populaire dit mixte - c'est-à-dire cosmopolite. En 1975, le quartier, pourtant extrêmement vivant par le passé, est purement et simplement rasé. Le traumatisme est immense pour la population. Le nom de ce quartier ? District 6.

La genèse de District 9

District 9 a été réalisé par Neill Blomkamp, né en Afrique du Sud, qui vit actuellement à Vancouver, au Canada. Le thème de District 9 a déjà fait l'objet d'un premier court métrage par Neill en 2005 : Alive In Joburg. Celui-ci se présente - comme District 9 - sous la forme d'un documentaire qui expose les problèmes d'intégration d'extra-terrestres, la maltraitance du gouvernement qui refuse de pourvoir à leurs besoins élémentaires : nourriture, eau, électricité, et la peur de la population. Voici la vidéo :



Ce film est vraiment incroyable, je vous le recommande vraiment. La sortie nationale est prévue pour le 16 septembre 2009

Sources :

  • District 6 et ségrégation en Afrique du Sud : site des Sciences de l'Homme et de la Société
  • Neill Blomkamp : Interview de Neill Blomkamp par Télérama
  • Sites officiels du film : http://www.district9movie.com/ et http://www.d-9.com/
  • Qu'est-ce que vous en pensez ?

    Comment_arrow Gazadonf, le 13 September 2009

    Hum, j'avoue être toujours un peu reticent sur les films militants largement subjectifs mais là, l'idée me plait assez (les exclus d'hier deviennent les excluant d'aujourd'hui) et il est toujours bon de rappeler que le pays des Bisounours n'existe pas (je sais, je sais, c'est dur....). Mais la réal a l'air excellente alors je me laisserai tenté le 16. NB: Bouh, ce n'est pas dans les habitudes d'Asparageek d'etre aussi grave: Vite, des bêbetes!

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