Premièrement, il est rare que je me laisse aller à télécharger la démo d'un jeu.
Deuxièmement, la plupart des démos de jeux que j'essaie me dissuade d'acheter le jeu (ce qui explique en partie le premièrement).
Troisièmement, je termine un jeu tous les... pfff. Bref, je finis rarement les jeux.
Céville a donc déjà ça de particuliers : il est suffisant étrange pour attirer l'attention, suffisamment bien fait pour se faire acheter, et son effet kiss cool dure assez longtemps pour mener à la fin du jeu.
Pourtant, Céville est un « petit » jeu - dans le sens « une petite production ». Ca ne sent pas les millions, ni le travail d'experts : l'aspect graphique – en 3D - est mignon, mais ça ne coupe pas trois pattes à un canard. Le jeu est relativement court. L'intrigue n'a pas dû filer trop la migraine à son game designer.
Malgré ça, si j'écris un article dessus, c'est que Céville m'a plu. En effet. En dépit de ses défauts, on passe un très bon moment avec les trois personnages Céville, le tyran, Lily, la petite fille toute gentille, et Ambrosius, le paladin narcissique.
L'intrigue est simple comme bonjour : Céville, tyran méchant comme une teigne, se fait jeter à la porte de son royaume par son bras droit Basilius, qui promet un règne encore plus maléfique que son prédécesseur. Céville est jeté en prison. Là dessus, une petite fille se propose d'aider Céville à empêcher Basilius de détourner le pouvoir. Et enfin, Ambrosius, l'incapable en armure, se trouve mêlé à l'aventure presque par accident.
Le jeu est agréable pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, les personnages varient les formes d'humour et de mentalité : Céville n'en râte pas une pour faire une vanne bien sentie ou suggérer une solution si possible cruelle à chacun des problèmes, alors que Lily est la morale incarnée et rouspète contre le mauvais esprit du tyran. Enfin, Ambrosius est une caricature hilarante, ne s'exprimant que par une débauche d'éloges sur sa propre personne, et se vantant lui-même de son épée +3.
Ensuite, l'humour est décalé, un peu à la façon de Shrek où tous les contes sont détournés. Dans Céville, on trouve plusieurs parodie de l'univers habituel des MMO médiévaux-fantastiques : le monstre qui cherche à acheter un donjon bien lugubre, les nains qui sont devenus les maîtres de la Bourse, les elfes tous écolos et défoncés, sapés comme des hippies... S'ajoute à ça quelques clins d'oeil à l'actualité comme une parodie des shows à la Nouvelle Star.
A côté de ça, les énigmes ne sont pas bien difficiles, surtout avec les aides fournies par le jeu : la barre d'espace affiche tous les objets cliquables à l'écran et colore les objets avec lesquels on peut interagir. Elles sont au départ assez rationnelles, puis deviennent de plus en plus absurdes sur la fin, un peu à la manière de Runaway.
Céville est amusant donc. Pas hilarant à se rouler par terre, pas fascinant à en jouer tout la nuit, mais amusant, divertissant, et sans défaut majeur qui ferait jeter la souris par la fenêtre.
Il est possible de télécharger la démo sur le site officiel pour se faire une petite idée.