Divinity 2 : Ego Draconis

14 February 2010      Commentaires (0)    
Divinity 2 : Damian

Il y a quelques temps, l'essor des MMORPGs prétendait sonner le glas des jeux-de-rôle hors-ligne. Depuis, je n'ai jamais vu autant d'excellents RPG se suivre. Après The Witcher, Drakensang, Dragon Age : Origins, mon coeur fond pour un tout nouveau jeu-de-rôle baptisé Divinity 2 : Ego Draconis. Cette petite merveille nous vient d'un studio belge nommé Larian Studios et est sorti en France fin 2009.

Divinity 2 : Ego Draconis, c'est quoi donc ?

Divinity 2 vous plonge dans la peau d'un combattant destiné à devenir Draconis : c'est-à-dire un soldat spécialisé dans la chasse aux (vilains) dragons. Vous commencez donc juste avant la fin de votre formation, au moment d'acquérir le savoir ultime. Vous commencez dans un petit village tutoriel qui pose les bases de l'histoire et de votre existence, et vous familiarise avec le gameplay du jeu.

Ensuite, vous partez avec votre maître au secours d'un petit village terrorisé par la vue récente d'un dragon. Et c'est là que ça se gâte. Par sécurité, on vous laisse attendre sagement derrière les tranchées et comme par hasard, vous faîtes la rencontre qu'il ne fallait pas : un Chevalier Dragon agonisant qui mettra sa foi en vous et vous lèguera son pouvoir. Vous voilà ainsi tiraillé entre deux voies : l'ancien Chevalier de l'Ordre qui luttait contre les dragons et le nouveau Chevalier Dragon potentiel, averti d'un danger plus grand encore. Toute l'histoire vous mènera à en apprendre plus sur cette dualité - l'Ordre et les Dragons - et à trouver votre propre identité. L'originalité de Divinity 2 est évidemment de pouvoir se transformer en dragon (après de longues heures de quêtes, je préfère vous prévenir) et de combattre dans les airs... ou tout simplement de se payer un bon trip en survolant les cimes. Impossible de ne pas s'attacher à son personnage et à sa forme de dragon, sur qui le sort est tombé.

Divinity 2 est également passionnant de par les aptitudes variées et originales qu'il propose au joueur : il est possible d'invoquer des créatures par les sorts - c'est assez commun - mais il est aussi possible, grâce à certaines camaraderies nécromanciennes, de façonner une créature. Celle-ci pourra être améliorée avec des morceaux de cadavres trouvés ça et là. Ainsi, les attributs de cette créature seront également au choix du joueur : elle pourra être plutôt efficace en mêlée avec des griffes acérées, ou redoutable à distance en apprenant deux compétences magiques de feu. Bien qu'elle fasse toujours pipi par terre, on en vient à l'adorer très vite et on peut même lui grattouiller la tête (et elle ronronne !). Les âmes cruelles pourront à l'inverse lui balancer des coups de pied (honte sur vous !).

Toujours dans la série des aptitudes originales, il y a la "lecture dans les pensées". En échange de points d'expérience, le personnage peut tenter de savoir à quoi ses interlocuteurs pensent et découvrir des secrets forts intéressants parfois (voire lucratifs). Mais essayons de prendre les choses dans l'ordre...


Divinity 2 : Le village

Avec Divinity 2, je fais ce que jeu je veux.

Le premier aspect extrêmement agréable de Divinity 2 est la liberté qu'il procure au joueur : vous serez qui vous voulez.

A commencer par la création de personnage. Bien que le choix des différentes physionomies et voix soit limité, il existe. Sans être féministe, je commençais à me lasser de toujours devoir me glisser dans la peau d'un grand gaillard tout poilu pour partir à l'aventures, que ce soit dans Two Worlds, Gothic 3 ou The Witcher... Dans Divinity 2, on choisit le sexe du personnage, quelques attributs physiques et la voix. C'est un bon départ.

Après un court épisode de prise en main qui fera de vous un Draconis, vous arrivez à Rivellon avec une liberté réjouissante. Certes, vous avez des directives pour ce que l'on pourrait appeler la "quête principale", un scénario extrêmement bien écrit qui donne une vraie motivation. En suivant cette quête, on en apprend plus sur son propre personnage et sur l'histoire antique de Rivellon. Impossible donc de ne pas s'y intéresser. Toutefois, on préfèrera toujours explorer les lieux, discuter avec les gens, rendre service à droite à gauche... La liberté d'action et d'interaction est très grande, trop peut-être, même : étrange, par exemple, que les villageois ne bronchent pas lorsqu'on fauche du pain ou des livres juste sous leur nez ! A côté de cela, le monde regorge de "quêtes annexes" très bien amenées. Il n'y a pas d'ordre imposé, on trouve et résout ses missions dans l'ordre que l'on souhaite. Certaines peuvent avoir différentes issues et des conséquences pour l'avenir.

Enfin, Divinity 2 n'impose pas le choix exclusif d'une classe. Il existe un grand choix de compétences, certes classées par spécialité, mais le joueur peut décider d'apprendre les aptitudes qui lui plaisent. Toutes les combinaisons sont possibles. Mon personnage, par exemple, à forte dominante mage, se spécialise aussi dans l'invocation d'un mort-vivant (nécromancie), et a développé quelques compétences d'appoint à l'arc. Il est très agréable de ne pas avoir à renoncer à toute une partie de l'arbre des sorts en choisissant une voie principale.

Cette liberté d'action et d'évolution permet une immersion véritable qui manque parfois à d'autres RPG trop balisés.


Divinity 2 : Univers variés

Divinity 2 : bon pour les yeux et pour les oreilles

Mais le second grand atout de Divinity 2 quant à l'immersion, c'est son univers splendide. Rivellon est absolument magnifique, et ce sans mettre votre PC sur les dents. S'il fallait souligner un défaut (car il y en a quand même), c'est que toutes les femmes du jeu ont un peu le même visage. Mais bon, ce n'est pas traumatisant. L'environnement est varié (villages, grottes, marais...) et coloré. Les vols dans la peau du dragon offrent des paysages splendides. C'est tout simplement très beau et ça donne envie d'y rester. D'autant que l'action s'accompagne d'une bande-son formidable. La musique est vraiment superbe. Les voix et les bruitages sont très bien aussi, mais les musiques sont vraiment, vraiment très belles.

L'histoire principale et l'univers de Divinity 2 sont aussi très travaillés et permettent vraiment de se passionner pour Rivellon. Chaque personnage a quelque chose à dire et un caractère marqué et il y a des anecdotes partout, chaque individu a une histoire personnelle et beaucoup d'entre eux offrent des quêtes qui s'incorporent dans le jeu de façon très naturelle. Tout ce petit monde vit avec une grande cohérence. J'adore en particulier les petites commères du village d'arrivée qui sans relâche confessent à votre personnage des rumeurs abracadabrantes, drôles, et toujours différentes.


Divinity 2 : Modifier sa créature

Divinity 2 : un gameplay grand public

Enfin, Divinity 2 est très facile à prendre en main. Le système de contrôle est on ne peut plus simple : le traditionnel ZQSD pour les déplacements, le clic gauche pour attaquer, le clic droit pour interagir, et les boutons de raccourcis 1,2,3,... pour utiliser les sorts ou objets placés dans la barre prévue à cet effet. Ce qui est vraiment très bien, c'est d'avoir pu garder le même système de contrôle du personnage ET du dragon, ce qui rend les choses beaucoup plus aisées, d'autant qu'à un certain point du jeu on tend à passer de l'un à l'autre très fréquemment.

L'évolution du personnage et du dragon est également très simples. Pas de multiples tableaux et listes d'attributs imbuvables. Divinity se cantonne à l'essentiel : force, intelligence, dextérité, vitalité, esprit... chaque caractéristique étant commentée par un petit paragraphe fort amusant. Pareil pour les compétences : à chaque niveau, le personnage gagne un point qu'il peut utiliser pour améliorer une compétence dans un grand tableau de compétences, pourvu qu'il ait le niveau requis.

Le seul petit défaut peut-être est de ne pas pouvoir comparer facilement armes et armures lorsqu'on fait des emplettes ou lorsqu'on choisit une récompense de quête. Mais c'est bien là un bien petit détail.


Divinity 2 : devenir un dragon

Conclusion : jouez !

Facile d'accès, univers enchanteur, grande liberté, histoire passionnante... Divinity 2 : Ego Draconis est un excellent jeu-de-rôle hors-ligne, de ceux qui vous rappellent les limites des MMORPGs et pourquoi vous aimez avoir votre petit monde à vous, immersif et mystérieux. L'absence de classe et certaines originalités comme la créature personnalisable ou la lecture dans les pensées apportent un réel bonus par rapport à d'autres jeux du genre. L'histoire et le monde, très travaillés, vous retiendront un bon paquet d'heures - je ne saurais vous dire combien, je n'ai toujours pas fini le jeu mais j'y travaille !. Un jeu parfait par ces temps glaciaux !

Site officiel et démo téléchargeable ici.

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