Les Animaux familiers dans la Rome Antique

13 September 2009      Commentaires (1)    
Les animaux familiers dans la Rome Antique, de Jacqueline Amat

Après l'article d'hier et sur suggestion de Gazadonf, nous allons aujourd'hui parler de bébêtes ! C'est dimanche, donc le style sera relax !

Je viens de terminer un bouquin assez intéressant - quoique peu académique - sur un aspect de la civilisation romaine (oui, parce que je suis aussi passionnée de civilisation antique) : Les Animaux familiers dans la Rome Antique, de Jacqueline Amat. Je dis peu académique parce que le livre est plutôt court (en plus, c'est écrit gros !), le style est simple et fluide, et l'auteur n'hésite pas à glisser son avis, sans deux pages et demi de citations. Très facile à lire, donc, si vous voulez tenter l'expérience.

Comme son nom l'indique, Les Animaux familiers dans la Rome Antique aborde le sujet des petites bébêtes (ou des grosses) que les Romains pouvaient apprivoiser. D'abord, il n'est pas inutile de rappeler que - contrairement aux affirmations de quelques grincheux - le concept d'animal de compagnie n'est pas une invention moderne d'Occidentaux riches et seuls qui s'ennuient. Même si de nombreux animaux sont aussi appréciés pour le service qu'ils rendent - comme les chevaux pour le transport, les chiens de berger ou de chasse, ou les animaux de traits - il n'en reste pas moins que les Romains admettent s'attacher à leurs animaux, en adopter pour amuser les enfants, ou les apprécier pour leur beauté. Et, fait intéressant, comme nos contemporains, les Romains sont aussi intéressés par des animaux exotiques "qui n'ont rien à faire là" : les singes, les oiseaux exotiques et les reptiles.

Selon Jacqueline Amat, la palette des animaux domestiques courants est bien plus large que de nos jours. Je pense qu'en France, à l'heure actuelle, on peut dire que les principaux animaux de compagnie sont le chien et le chat, puis de façon plus secondaire les rongeurs (lapin, cochon-d'inde, hamster...) et les oiseaux (perruche, canari...). Il y en a évidemment d'autres mais je parle des plus courants, ceux que vous pouvez vous attendre à voir dans n'importe quel foyer.

A Rome, et ce même dans les familles malaisées, à la campagne, on apprivoise comme aujourd'hui les chiens - dont la race importe peu - pour monter la garde, chasser ou aider le berger. Le chat - importé d'Egypte - est moins courant, mais a sa place. Souvent, il est en compétition avec la belette, qui chasse également le rongeur. Les oiseaux de toute sorte sont extrêmement courant : soit on apprivoise un oiseau courant, comme un corbeaux par exemple, soit on achète à prix d'or un oiseau exotique comme la perruche, à qui l'on peut tenter d'apprendre à prononcer quelques mots. Les oiseaux sont notamment appréciés pour leurs chants. On adopte aussi des oiseaux qu'on laisse en liberté dans le parc : des paons et des oies par exemple. A Rome, on adore aussi les poissons. Les moins aisés conservent des poissons d'eau douce (de rivière), tandis que les plus riches n'hésitent pas à mettre de l'argent pour faire construire un bassin d'eau salée et accueillir des espèces plus rares. Il est intéressant de noter qu'il s'agit bien d'apprivoisement (ou du moins dans l'intention) : ces bassins n'ont pas seulement un but décoratif, le maître de maison essaie de se faire reconnaître et de "dresser" ses animaux. Plus surprenant, les serpents non venimeux sembleraient être bienvenus. Pour des raisons religieuses, il aurait des vertus protectrices sur la maison : ce n'est pas rare non plus qu'on peigne un serpent sur le mur de la maison. Encore plus amusant, il serait très courant, à la campagne, d'offrir une biche ou un cerf à son aimé. Comme les animaux étaient beaucoup plus libres et pouvaient se promener en liberté, on parait le cerf de "bijoux" pour prévenir les chasseurs qu'il s'agissait d'un animal domestique.

Mais les Romains savent aussi être excentriques, et ils aiment adopter tout et n'importe quoi (comme nous ?). Une mode rend le singe très prisé dans la société un peu aisée. Plusieurs espèces semblent appréciées, pourvu que l'animal sache imiter les gestes humains et amuser la galerie. Les riches tentent également d'apprivoiser les animaux sauvages : tigres, lions, éléphants... On dit de l'empereur Valentinien qu'il faisait garder sa chambre par deux ours dressés. Un autre empereur terrifiait ses invités avec ses animaux sauvages domestiqués...

On peut donc arrêter de rouspéter après nos contemporains : les Romains, il y a deux millénaires, possédaient déjà des animaux domestiques, et en nombre. Il faut dire aussi que les animaux étaient un peu mieux considérés que de nos jours : de nombreux animaux avaient un connotation sacrée, ou du moins étaient impliqués dans des légendes de la religion romaine : par exemple, Cérès, la déesse de l'agriculture, possède un char tiré par des serpents.

Ensuite, la plupart des philosophes admettaient sans problème que les animaux possédaient la raison (ratio), avec néanmoins une moindre intelligence ou capacité à raisonner sur des questions abstraites et philosophiques. Les Romains respectent l'animal comme individu, et sont loin d'y voir - comme certains de nos jours - des décorations (ou viandes) mouvantes sans conscience.

De ce fait, les Romains savaient tirer parti de cette cohabitation avec les animaux : par l'observation de leurs comportements, ils pouvaient prévoir le temps par exemple. Ils se fiaient à leur chat ou à leur belette pour les débarrasser des rongeurs ou des vipères. Ils se fiaient à leur chien pour défendre la maison, ou aider à surveiller les chèvres. Même les oies, dans un célèbre épisode de l'Histoire, surent jouer un rôle fondamental en se mettant à caqueter alors que les Gaulois s'approchaient du Capitole, alertant ainsi toute la population et permettant ainsi aux Romains de se défendre à temps.

Il n'y a donc rien de nouveau dans le fait d'aimer les animaux !

Le livre a plu à Punchie !
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 > Gazadonf, le 13 September 2009

Merci pour le respect fait aux suggestions de tes (très) nombreux lecteurs. Sujet fort intéressant que l'association humain-bebette: qui à apprivoisé l'autre? Qui utilise l'autre? Mais peu de temps pour y réfléchir car mon gros toutou me "ouarf!" afin de me rappeler que je dois l'amener faire sa balade (une de ses devrais je dire) donc, j'enfourche Tornado (mon vtt) et je file comme le vent. ^^

 

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