Dimanche dernier, j'ai eu l'occasion d'assister à l'une des avant-premières d'Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires). Il s'agit d'un film français écrit et réalisé par Ivan Calbérac racontant une année de la vie d'une famille éclatée après un divorce, et dont le choix des parents est allé vers la garde alternée. Si l'on s'en tient à ça, on pourrait croire que ce film n'est rien qu'un (autre) film dramatique larmoyant, mais en réalité, on rit beaucoup et l'approche du sujet est plutôt original.
La narration se focalise principalement sur Léa, la fille aînée du couple, qui a douze ans. En voix off, elle donne tout le long du film ses impressions sur les évènements, ses jugements et ses interprétations. L'histoire suit tout autant sa façon de vivre le divorce de ses parents que l'impact de l'éclatement de la famille sur sa vie d'adolescente. Je pense que le film doit une grande partie de sa qualité à la jeune fille qui interprète Léa, qui incarne le personnage avec beaucoup de naturel.
Léa a un frère cadet, beaucoup plus jeune. Un peu moins présent à l'écran mais néanmoins important, il contre-balance le personnage de Léa, dont les sentiments peuvent être très tranchés. Il permet de montrer une autre façon de souffrir du divorce, différente de celle de Léa, et une autre approche de la famille. Par exemple, Léa tend à préférer la compagnie de son père, alors que sa mère manque tout le temps au petit frère.
Les parents sont joués par Mathilde Seigner et Bernard Campan, l'ancien membre des Inconnus. Tout l'intérêt du film réside dans le fait que bien que l'histoire soit pratiquement racontée par Léa, les parents ne sont pas « jugés ». Leur situation de parent célibataire après quatorze ans de de mariage est développée pour montrer leurs angoisses (vais-je réussir à refaire ma vie ?) et leurs travers (jalousie, curiosité vis-à-vis de l'autre). L'histoire montre comment ce divorce, événement douloureux d'une vie, influe leurs rapports avec leurs enfants et peut-être aussi leur choix d'éducation.
En résumé le film est agréable car il n'est pas moralisateur. On n'y reproche ni aux parents d'avoir divorcé au mépris de l'équilibre de leurs enfants, ni aux enfants de refuser obstinément une telle séparation. La nouvelle vie de chacun est abordée et c'est ce qui fait l'intérêt d'Une semaine sur deux. Il n'y a ni bons ni méchants, il y a juste des gens différents. Et puis comme le film est parsemé de répliques bien senties, on rit pas mal.
Le film sort le 22 juillet. Voici la bande-annonce :