Herb Charity est « cyberflic » à Vancouver, au Canada. Depuis sept ans il fait partie de Cyber, une cellule spécialisée dans la traque des pédophiles sur Internet. Lors d'une arrestation somme toute banale, Herb et son partenaire découvre un homme ligoté sur son fauteuil, devant son écran, les yeux pleurant du sang.
Puis, un second cas.
Sur des images récupérées d'une webcam, le visage d'une petite fille aux cheveux blancs.
J'ai fini ce roman en une soirée. Et ce n'est pas seulement parce qu'il est court – il fait un peu moins de cent soixante pages. Lorsque j'ai lu les premières pages, j'ai été plutôt agacée par le style. Phrases courtes et hachées, discours proche du langage parlé, avec une pointe de nonchalance. Lorsque j'ai compris qu'il fallait vraiment se glisser dans la tête de Herb, j'ai été happée par le roman. Le roman est à la première personne, les chapitres sont si courts qu'ils pourraient représenter des pages de journal intime, de menus détails nous rapprochent de Herb : on le suit, lui et ses pensées, absolument partout, même dans des réflexions qui ne servent apparemment à rien pour l'intrigue. Si bien qu'au bout d'un moment, on a l'impression d'être à sa place, ou à côté de lui, dans un bar, alors qu'il nous raconte son histoire en sirotant une bière.
Quand à l'histoire elle-même, c'est un peu difficile d'en parler sans rien dévoiler, mais elle a ça de vraiment bien qu'elle est surprenante. En ouvrant le livre, j'ai eu peur de tomber sur une intrigue tissée à partir de grosses ficelles usées – Enlèvement d'enfants, Internet, le flic qui court après un souvenir etc. - et puis l'intrigue nous emmène complètement ailleurs. Ce n'est pas moralisateur, ce n'est pas manichéen, c'est juste une histoire bien ficelée et agréable à lire.
Elise Fontenaille a commencé une carrière de journaliste à Vancouver avant de revenir vivre en France, où elle est née. Elle a reçu le « Nouveau Prix de la Science-Fiction Française 2008 » pour cet ouvrage.