Les vacances, mon cerveau et moi...

21 September 2008      Commentaires (0)    

J'ai pris la journée à me rendre compte que j'étais en vacances, et qu'en plus, c'était au Canada.

J'étais au courant pourtant. Avec Shen, on avait posé nos jours depuis des semaines, réservé les billets, commencé à prévoir des visites. J'avais prévenu la plupart de mes amis et ma famille, et convenu d'un arrangement avec NJ pour garder les chats. Mais par une pirouette de l'esprit que je ne m'explique pas, je ne m'étais pas encore aperçue que ça allait vraiment arriver...

J'ai senti qu'il y avait quelque chose de suspect vendredi soir, quand on a fait les bagages. Evidemment, ça reste assez cohérent de remplir des valises pour partir en voyage, ce n'est pas vraiment ça qui me perturbait. Non. Le truc,c'est que ça avait l'air hyper vrai.

Remarque préalable à la journée du samedi : c'est nul de se lever à 7h du matin un samedi.

Le trajet en taxi a commencé à mettre quelques couleurs de réalité sur mes vacances. Le taxi était tout noir, très confortable. Le monsieur était gentil, poli et il conduisait bien. Il nous a demandé où on allait. "Charles de Gaule, terminal 2A". Ca roulait bien. Et puis aussi, les kilomètres s'accumulaient entre mes chats et moi.

A l'aéoport c'était... un peu le far west. Il y avait je-ne-sais-pas-quoi qui ne fonctionnait pas bien et il y avait foule. Je ne sais pas combien de temps on est resté dans la file d'attente pour passer la sécurité (parce que j'ai la flemme de compter) mais en tout cas ça a fait le pont entre l'heure à laquelle on est arrivé et l'heure d'embarquement. Là, ça sentait grave les vacances. On ne me la fait pas à moi : un avion c'est pour partir. Et pour partir vachement loin. En plus c'était un gros avion. Alors c'est pour de grosses vacances. Pis la feuille d'érable rouge, c'est joli. C'est à peu près à ce moment que mon cerveau s'est rendu compte de sa petite confusion. Je l'ai senti, parce qu'il m'a dit : "tu te fous de moi ou quoi ?! On va pas monter là-dedans ! En plus, ça vole !".

Ce qui m'amène à la deuxième pirouette d'esprit (oui, j'ai l'esprit acrobatique). Je n'ai jamais eu peur de l'avion... jusqu'à cette fois. Toujours soucieux d'innover en toute circonstance, mon cerveau a dû se dire : "on ne prend pas souvent l'avion, autant marquer le coup ! Cette fois, on va FLIPPER" (cerveau, je te hais). Bon. Le vol ne faisait que huit heures, on allait pas chipoter.

Au décollage, j'ai broyé une main à Shen, qui voulait me réconforter en tenant la mienne.

A l'atterissage, j'ai pleuré dans ses bras parce que l'avion se prenait pour du milkshake (pis que c'est cool d'être dans les bras de Shen mouahahahha).

Entre les deux, j'ai bu un thé, un jus d'orange, j'ai mangé un plateau végétarien, plus tard un sandwitch à la courgette grillée (fallait oser, mais c'était pas mal), et encore un thé. Ah j'ai oublié les gâteaux qu'on avait achetés avant d'embarquer et la demi-tablette de chocolat. Bref, j'ai fait que d'bouffer. En même temps, pas grand chose d'autres à faire... J'ai essayé de me plonger dans l'introduction de la comédie humaine de Balzac, mais ses théories sur l'Animalité et les conversations de la famille de Bidochons qu'on avait derrière nous ne se mariaient pas trop. Quand j'en ai entendu un demander si ce qu'on survolait était la Bretagne (c'était le Groenland...), j'ai sorti mon MP3 et j'ai foutu du Goldman à fond.

Enfin, devant la douane canadienne, quand la dame m'a rendu mon passeport et m'a sorti son rituel 'welcome to canada', il a bien fallu se rendre à l'évidence. Puisque j'ai pris l'avion, puisqu'il ne s'est pas écrasé au décollage, puisqu'il ne s'est pas écrasé à l'atterissage, puisqu'il ne s'est pas non plus écrasé dans le ciel (pourquoi pas ?), puisque la douane m'a laissée passer, puisque pour faire court, je ne suis plus à Paris mais à Toronto et que de toute façon, mon billet de retour est pour dans quatorze jours, pas avant... "Mea culpa" me dit mon cerveau, "je croyais que c'était du bluff".


Photo prise de l'avion

Pendant le vol, quelques goutelettes ont cristalisé sur le hublot. J'ai trouvé ça joli. A droite, on dirait des morceaux de textes qui dégringolent...

Right_arrow Le zoo de Toronto Dans ma cabane au Canada Left_arrow

> Laissez un p'tit mot ! <

Votre nom :

Votre e-mail :

Votre adresse e-mail ne sera pas affichée sur le site.



Ceci est un contrôle anti-robotspam : veuillez ne pas remplir le champ qui suit.